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Un symptôme courant, les douleurs
lombaires (ou lombalgies) constitue un problème majeur de santé publique dans
les pays industrialisés, et leur coût va croissant. 70% des personnes ont au
cours de leur vie au moins un épisode lombalgique, qui peut être en partie lié
au travail. Dans un petit nombre de cas, la lombalgie devient quasi permanente
et risque d'aboutir à une inaptitude. Les acteurs de prévention sont confrontés
à une double problématique : améliorer les situations de travail pour prévenir
les lombalgies et permettre aux lombalgiques chroniques de continuer à
travailler.
Connaître les lombalgies
Les lombalgies communes, dont il est
question dans ce dossier, sont des douleurs dans le bas du dos plus ou moins
récidivantes, dont on connaît mal l'origine. Dans le langage courant on parle
selon les cas de "maux de dos", de "tour de rein", de lumbago, de sciatique…
C'est une affection très courante et souvent en partie liée à l'activité
professionnelle, si bien que chaque année, 100 000 lombalgies sont déclarées
comme accidents du travail et plus de 2 000 comme maladies
professionnelles.
La lombalgie est
un symptôme défini par des douleurs siégeant au niveau des vertèbres lombaires.
Dans environ 95% des cas, l'origine est mal identifiée (lombalgie commune) et il peut n'y
avoir aucune anomalie identifiable ni sur les radiographies ni aux examens
biologiques. Dans 5% des cas, la cause est une affection définie : tumeur, fracture,
rhumatisme inflammatoire, infection…
L'ostéopathe agit
sur les lombalgies communes.
Selon
sa durée, la lombalgie est aiguë ou chronique. On parle habituellement de
lombalgie chronique si la douleur persiste au-delà de 3 mois, et dans le cas de
récidives douloureuses, voire invalidantes.
La lombalgie
aiguë
Dans le cas de la plus connue des
lombalgies aiguës, appelée "lumbago", la douleur survient de façon brutale à
l'occasion d'un effort ("faux mouvement") avec un blocage musculaire
réflexe. La lombalgie aiguë se caractérise par une douleur lombaire basse,
très intense, pouvant parfois survenir sans facteur déclenchant précis. Cette
douleur n'est soulagée efficacement que par les médicaments antalgiques.
La lombalgie aiguë est une affection bénigne : 90 à 95% des cas guérissent
en quelques jours suite à une séance d'ostéopathien.
La lombalgie
chronique
La lombalgie chronique se définit
par la persistance de douleurs lombaires au-delà de 3 mois. Elle est rare :
seulement 5% des personnes touchées continuent à souffrir 3 mois après le début
d'une lombalgie aiguë. C'est la forme grave de la lombalgie commune, du fait de
son retentissement social, professionnel et économique.
Une lombalgie peut être due à une
hernie discale . Une hernie discale est une lésion du disque
intervertébral qui fait hernie. Cela peut comprimer une racine nerveuse et
déclencher une douleur dans le territoire innervé :
- sur le trajet du
nerf crural (à l'avant d'une cuisse), on parle de
cruralgie - sur le trajet du nerf sciatique (à
l'arrière d'une jambe, de la fesse au pied), on parle de
sciatique.
Facteurs de
risque
Les lombalgies ont généralement
une origine multifactorielle. Les facteurs professionnels sont d'une importance
majeure, mais on peut aussi y ajouter les prédispositions personnelles, les
risques pris lors des activités domestiques et de loisirs, les facteurs
psychosociaux et organisationnels...
Le plus souvent, le seul élément
accidentel est la survenue imprévue de la douleur, reflet d'une lésion qui peut
être attribuée à l'effet cumulatif d'expositions répétées à : la
manutention manuelle de charges lourdes,
les postures pénibles (flexion du
tronc associée à sa rotation), les vibrations transmises au corps
entier, le travail physique dur.
Cependant, dans le quart des
lombalgies reconnues comme accidents du travail, un élément imprévu vient
perturber l'activité de travail et provoque une chute, une glissade, un faux
mouvement ou un effort. Ces circonstances entraînent un "stress" mécanique
excessif qui provoque la lombalgie.
Lombalgies : quelques métiers à
risque : Agriculteur, Ouvrier du BTP, Conducteur
de poids lourds ou d'engins de
chantier, Soignant, Manutentionnaire, Chauffeur-livreur, Déménageur...
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Risques liés à l'activité physique
Chaque poste de travail comporte une
part d'activité physique. Cette activité physique est souvent souhaitable, car
l'immobilité est un facteur de risque de pathologies articulaires, musculaires
et cardiovasculaires. Cependant, pour certaines professions, cette activité
physique est excessive, déséquilibrée, et peut directement provoquer des lésions
de l'appareil locomoteur (dos, membres). Une posture prolongée est
difficilement supportable pour un lombalgique bien qu'elle soit rarement seule
en cause dans l'origine d'une lombalgie. La manutention manuelle, et en
particulier le port de charges lourdes, est connue comme un facteur favorisant
la lombalgie. Si ces efforts sont faits dans de mauvaises conditions, le risque
est alors encore plus important. Le travail physique dur est défini comme
étant celui qui entraîne une augmentation de la fréquence cardiaque de 30
battements par minute (par rapport au repos).
Vibrations
L'exposition aux vibrations est
inhérente à l'exercice de nombreuses professions où le travailleur est en
contact avec de la machinerie (engin de chantier, chariot de manutention...) ou
avec du matériel vibrant. Lorsqu'un travailleur est assis sur un siège vibrant,
les vibrations sont transmises à l'ensemble du corps par le biais de la colonne
vertébrale. Le risque de lésion dépend de l'intensité et de la fréquence des
vibrations, de la durée de l'exposition et de la partie du corps qui reçoit
l'énergie des vibrations. Les vibrations dangereuses sont dans la gamme de
fréquences de 2 à 10 Hz. Exemple : un routier qui va de Paris à Marseille
subit environ 100 000 cycles de compression-étirement de ses disques
intervertébraux et des structures qui les soutiennent (tendons, ligaments,
muscles). L'association exposition de l'ensemble du corps à des vibrations au
long cours et ports de charges fréquents majore le risque de lombalgie. Cette
association a été retrouvée dans plusieurs études épidémiologiques portant sur
des conducteurs d'engins, des caristes, des
chauffeurs-livreurs…
Risques psychosociaux et
organisationnels
Les contraintes psychosociales au
travail sont susceptibles de favoriser des pathologies ostéo-articulaires par
:
un effet direct sur l'intensité
des contraintes mécaniques, une augmentation de la tension des muscles
génératrice de fatigue musculaire, la réduction de l'irrigation
sanguine des ligaments et des tendons, la diminution des capacités de
défense anti-inflammatoires. Plusieurs études montrent une
association significative entre la lombalgie et la monotonie du travail. Les
données concernant les effets de mauvaises relations au travail (peu d'entraide
entre les collègues, faible soutien de la hiérarchie) sur la lombalgie sont
controversées. Il en est de même de l'insatisfaction au travail. Plusieurs
études font apparaître une association entre les symptômes de stress au travail
- nervosité, tension, troubles du sommeil, anxiété - et les problèmes de dos. En
revanche, le lien entre fatigue et douleurs lombaires apparaît moins
évident. Principaux facteurs de risque psychosociaux et
organisationnels de lombalgies
: monotonie des tâches, forte demande psychologique
(quantité de travail, contraintes de temps), insatisfaction
professionnelle, faible autonomie décisionnelle, faible
soutien social (relations avec les collègues et l'encadrement), peu de
reconnaissance (reçue en échange des efforts fournis). Il
est classiquement admis que les contraintes physiques sont plutôt des facteurs
de risque de lombalgies aiguës alors que les contraintes psychosociales
participent aux facteurs de risque de chronicité des lombalgies.
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Prévenir le mal de
dos
Pour éviter que le
salarié ne développe une lombalgie ou ne voit s'aggraver une pathologie lombaire
déjà existante, il faut analyser le contexte de survenue des lombalgies dans
l'entreprise, identifier tous les facteurs de risque , puis élaborer une
démarche de prévention qui associe une approche technique, organisationnelle et
individuelle. En milieu de travail, il convient de distinguer la lombalgie
survenant dans un contexte accidentel de celle d'apparition progressive au cours
du travail. Se reposer est toujours la première chose à faire
en phase aiguë, allongé confortablement dans un endroit calme afin de détendre
le dos. Ce repos doit être le plus court possible . En effet, si le repos calme
la douleur à très court terme, il induit très rapidement un syndrome de
désactivation, une perte de confiance et une peur de bouger. Aussi
est-il conseillé de reprendre une activité dès que possible , c'est-à-dire dès
que la douleur a été rendue supportable. Cette remise en mouvement est
essentielle mais doit être progressive. Chaque moment consacré aux activités
quotidiennes contribue à réduire le risque de récidive. L'objectif est la
reprise des activités antérieures (y compris le travail).
Cercle vicieux de la douleur Le port d'une ceinture lombaire soulage,
mais il s'agit uniquement d'un outil thérapeutique. Ces gaines se sont avérées
inefficaces comme outil de prévention en dehors des épisodes les plus
douloureux.
Traitement des lombalgies
Il n'existe pas de traitement unique
des lombalgies du fait de la diversité des formes et de leur origine. Dans
90% des cas, la guérison est spontanée en quelques jours suite à un traitement
ostéopathique. Il faut parfois traiter la douleur pour rester actif. Un
traitement anti-inflammatoire peut être associé aux antalgiques. Dans de
rares cas (hernie discale avec sciatique paralysante) la chirurgie s'impose.
Les thérapies physiques doivent être
strictement adaptées à chaque patient en fonction d’un bilan clinique et
fonctionnel. Pour que la reprise du travail soit la plus précoce possible et
se passe dans les meilleures conditions, le travailleur lombalgique devrait de
préférence être pris en charge par une équipe pluridisciplinaire, voire
"multi-culturelle", où les thérapeutes, les ergonomes, l'Institution prévention,
les chargés de santé et de sécurité… organisent leurs échanges autour du médecin
du travail. En ostéopathie, chaque patient en unique,
et chaque lombalgie aussi ! Il n'existe pas de traitement type, car l'ostéopathe
traite la cause, et non la conséquence. De ce fait, le traitement
ostéopathique peut être structurel, viscéral, crânien, fascial
etc...
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